Choix de l emplacement d'un rucher

L’emplacement d’un rucher sédentaire doit être choisi avec beaucoup de circonspection. Tout d’abord, il faudrait qu’il soit situé vers le milieu du couvert végétal qui sera la source de nectar et de pollen. L’endroit doit être abrité des

phénomènes atmosphériques néfastes, tels que les vents froids en hiver — tramontane, mistral, bise, etc. — ou des tempêtes éventuelles, qui pourraient renverser

les ruches. Le plus souvent, on se sert de la protection d’un rideau de futaie ou d’un haut mur. Ensuite, la pente du terrain ne peut être trop forte et doit permettre dans tous les cas le passage d’un véhicule de service entre les rangées

de ruches. Le terrain ne peut être inondable. Il est préférable qu’il s’assèche rapidement après les pluies et que sa caractéristique physique soit sablonneuse ou graveleuse pour faciliter les passages. Une terre argileuse encrasse les chaussures et les véhicules.

 

Dans les zones tempérées et froides où la température est généralement inférieure à 25C° au fort de l’été, l’emplacement peut être nu. Dans les régions plus chaudes, comme en climat méditerranéen, il est conseillé de choisir un endroit couvert d’arbres de semi-ombrage, par exemple couvert de pins plantés à grands écartements ou de chênes-lièges espacés. Mais un ombrage complet doit être évité, car il diminue l’activité des butineuses en période de miellées.

 

Dans les régions où le climat présente une saison sèche de plusieurs semaines à plusieurs mois, il est essentiel que le rucher ait une source d’eau à portée de vol des ouvrières. Le mieux est d’avoir le point d’eau à proximité des ruches.

 

A défaut, on peut se contenter d’avoir de l’eau en permanence à quelques centaines de mètres, mais pas plus loin. En effet, comme l’on démontré Gary et al. (1979), à la suite d’expériences menées avec un système magnétique de capture

et de recapture d’ouvrières, il est exceptionnel que les abeilles s’éloignent à plus d’un kilomètre de la ruche pour puiser de l’eau lorsqu’elles ont une source plus proche. En outre, il faut éviter que celle-ci soit située loin en contrebas par rapport au rucher, car les abeilles gonflées d’eau devraient dépenser beaucoup d’énergie (en consommant du miel) pour remonter la pente. Enfin, on constate que les abeilles ont une préférence pour l’eau contenant des matières organiques.

 

Dans le cas d’une apiculture sédentaire, la réussite dépend largement du choix des emplacements des ruchers. La végétation croissant autour des emplacements doit être autant que possible continue dans l’espace et constituée surtout de plantes annuelles, perennes et arbustives à floraisons successives dans le temps

Il faut aussi éviter de placer le rucher près ou en dessous d’une ligne à haute tension, si les ruches contiennent du métal.

 

Des expériences menées par Warnkee (1976) ont montré que des colonies soumises à des champs de courant alternatif de haut voltage (7 kv/m) sont sérieusement troublées. On y remarque un bourdonnement et une rapide élévation de température dans le nid à couvain; des ouvrières ont un vol rapide ; lorsqu’elles marchent, leurs ailes sont écartées, elles sont agressives entre elles et vis-à-vis de la reine, et peuvent même détruire le couvain. A la longue, elles ferment les crevasses et le trou de vol avec de la propolis. Greenberg, Kunich et Bindokas (1978) ont confirmé les effets néfastes des hauts voltages. Ils ont démontré que les colonies des ruches contenant du métal et placées sous une ligne de 765 kv produisaient beaucoup moins de miel et moins d’abeilles, bien que la reine y ponde normalement et que près de 60 % des colonies ne survivaient pas en hiver. Les colonies de ruches sans métal ont, sous fils à haute tension, un comportement normal.

 

Quel que soit l’emplacement de son rucher, l’apiculteur porte, dans tous les cas, la responsabilité des dommages que ses abeilles pourraient occasionner à des personnes ou à des animaux. Au Royaume-Uni et en République Fédérale d’Allemagne, la législation se limite à ce simple règlement. Dans d ’autres pays, la loi spécifie en outre les limites de l’emplacement du rucher par rapport aux propriétés

voisines. En Belgique, tout nouvel emplacement de ruches doit être agréé par les autorités locales. Au Portugal et au Canada, les ruches ne peuvent être installées à moins de 10 mètres de la propriété du voisin. En Grèce, cette distance est de 30 mètres. En France, elle est fixée par les autorités du lieu et varie entre 5 et 40 mètres.

 

Une palissade de 2 mètres de haut peut permettre de s'affranchir de certaines règles...

 

 

 

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