L essaimage

L’essaimage est le mode de propagation naturel des abeilles. Il se produit normalement au printemps après une forte pollinée qui a permis un élevage abondant de couvain et l’augmentation très forte de la population.

 

En climat méditerranéen, l’essaimage se produit en mars et avril, mais lorsque le printemps est précoce, des essaims peuvent déjà s’échapper en février. Il est plutôt rare de voir des essaims en mai et juin.

Dans le maquis catalan, l’essaimage a lieu environ 30 jours après le début de la miellée et de la pollinée de la bruyère arborescente, en moyenne vers le 15 avril, mais il peut y avoir des écarts de 15 à 30 jours suivant les années.

 

Une forte pollinée en septembre-octobre sur les bruyères d’automne ou sur l’inule visqueuse peut aussi produire quelques essaims.

 

D’autre part, dans les pays à hiver froid et printemps tardif, l’essaimage ne commence généralement pas avant fin mai-juin dans l’hémisphère nord et fin novembre-décembre dans l’hémisphère sud. En Europe du nord, dans la zone de culture du colza, l’essaimage a lieu environ 30 jours après la pleine floraison de cette plante, c’est-à-dire vers le 10  juin. 

Plus précisément, la congestion du nid à couvain est une condition nécessaire pour les préparatifs d’essaimage.

 

Le nid à couvain doit être saturé et recouvert de deux à trois couches d’abeilles avant que l’élevage royal soit initié. Peu importe qu’il y ait de la place et des rayons inoccupés en dehors de la zone du nid à couvain. 

En plus, il faut une population minimale d’abeilles adultes et des apports abondants de nectar et de pollen. La période de préparation de l’essaimage est d’environ 16 jours, durant lesquels les ouvrières élèvent une ou plusieurs reines.

Environ 10 jours avant l’essaimage, les abeilles qui feront partie de l’essaim commencent à ingurgiter du miel et leur engorgement de miel augmente graduellement jusqu’au jour de l’essaimage. A ce moment, elles ont ingurgité environ quatre fois plus de nourriture que leurs soeurs qui n’essaiment pas (Combs, 1972).

 

La quantité de miel avalée par les abeilles essaimeuses constitue non seulement les provisions nécessaires à l’essaim pour le voyage vers le nouveau gîte, mais surtout si le voyage est court, elle servira en grande partie à construire les premiers rayons de cire du nouveau nid. Par contre, les reines perdent environ un tiers de leur poids, 3 à 5 jours avant de s’envoler avec un essaim (Morse, 1975). 

L’acte même d’essaimage, pendant lequel la reine et 30 à 70 % des ouvrières et des mâles pour un essaim primaire quittent la ruche, prend de 10 à 20 minutes.

Si la reine ne quitte pas la ruche ou si elle se perd, l’essaim retourne à la ruche-mère. 

 

Un essaim est donc une fraction de la colonie constituée par une reine, des ouvrières et quelques mâles. Il peut peser, à sa sortie de la ruche, de quelques centaines de grammes à plusieurs kilogrammes, parfois jusqu’à 4 kilos. Un essaim d’un kilogramme contient environ 5 000 abeilles emportant un demi kilo de miel.  On arrive à ces chiffres de la manière suivante : une ouvrière à jeun pèse de 90 à 1 0 0  milligrammes; une abeille essaimeuse est gorgée de miel et emporte à son départ de la ruche de 60 à 155 milligrammes de miel (Garifulina, 1960), soit en moyenne, son propre poids en miel. 

Exceptionnellement, un essaim peut porter 2 ou 3 reines et même plus. Selon Morse (1975), après que l’essaim s’est installé dans un nouveau gîte, il est probable que les reines se livrent un combat duquel une seule survit. 

 

On appelle essaim primaire le premier sorti d’une ruche. Il contient la vieille reine et est généralement gros.

Cet essaim se pose toujours à proximité de la ruche et reste à cet emplacement plusieurs heures avant de partir vers le nouveau gîte. Morse (1975) est d’avis que la vieille reine d’un essaim primaire est probablement remplacée par les ouvrières dans les semaines qui suivent l’essaimage.

L’élevage de nouvelles reines par les ouvrières donne naissance, ordinairement cinq à six jours après la sortie de l’essaim primaire, à d’autres reines, une, deux, trois, quatre et jusqu’à trente et plus chez certaines races.

 

La première née quitte la ruche avec une seconde fraction de la population pour former l’essaim secondaire, la seconde pour former l’essaim tertiaire, etc. Ces essaims ont donc tous au moins une reine vierge. Cette dernière est légère et peut voler à grande distance, et leur essaim peut se poser à plusieurs centaines de mètres de la ruche avant de rejoindre son nouveau gîte. Un essaim primaire n’est pas nécessairement suivi d’essaimage ultérieur : c’est le cas lorsqu’il ne naît qu’une seule reine, ou lorsque la première née tue ses soeurs dans les alvéoles royales, ou lorsque plusieurs reines nées presque en même temps se livrent un combat dont une seule l’emporte.

 

Cette reine ne sortira de la ruche que pour se faire féconder. Cependant, chez certaines races d’abeilles, en particulier chez A.mellifera andansonii, l’essaimage se poursuit jusqu’à épuisement de la souche. Les derniers essaims sont alors très petits, mais contiennent toujours une reine. Les essaims secondaires sont, comme les primaires, le plus souvent gros; les autres ne sont constitués que de quelques centaines à deux mille abeilles, c’est-à-dire qu’ils pèsent moins d’un kilo.

Il existe chez les abeilles européennes un type assez rare d’essaimage appelé « essaimage de fuite » ou « essaimage de désertion », qui n’est pas dû à la naissance de nouvelles reines. Il se produit à la suite de la formation dans la ruche de conditions ambiantes insupportables, telles que : l’augmentation forte et instantanée de la température, par exemple une ruche d’observation munie d’un chauffage électrique incontrôlé, l’inondation, l’excès d’enfumage, l’application répétée de répulsifs, l’envahissement complet de la ruche par les larves de la fausse-teigne.  L’essaimage de fuite est donc un abandon de la ruche par les abeilles, mais un abandon organisé, puisque la reine se trouve au centre de la population qui évacue.  L’essaimage de fuite est beaucoup plus fréquent chez les abeilles tropicales africaines, ainsi que chez les abeilles asiatiques (A. indica)  : de simples manipulations de la colonie suffisent parfois à déclencher l’essaimage de désertion.

 

Chez les abeilles africaines néotropicales d’Amérique du Sud, des calculs basés sur des mesures d’engorgement et d’estimation du taux de métabolisme, indiquent que la distance maximale d’essaimage de reproduction est de 64 kilomètres, et d’essaimage de fuite de 131 kilomètres. Si une colonie peut essaimer jusqu’à six fois par an, on peut conclure que la vitesse d’expansion de ces abeilles peut atteindre 500 kilomètres par an...

 

 

 

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