Recueillir un essaim d abeilles

Les essaims recueillis peuvent être utilisés, soit pour les rendre à la ruche dont ils sont issus, soit pour créer de nouvelles colonies, ou encore pour fortifier les colonies faibles. L’essaim mis dans une ruchette ou ruche à l’endroit où il s’était posé peut être installé directement au rucher.

 

Lorsque l’on désire remettre l’essaim dans la ruche d’où il est issu, on secoue la ruchette sur une planchette ou sur un drap posé devant l’entrée de celle-ci. Les abeilles de l’essaim y rentreront normalement avec leur reine. 

Les reines en surnombre sont généralement supprimées par la reine dominante ou par les ouvrières. 

 

Un gros essaim primaire ou secondaire de 1,5 à 3 kilos peut être utilisé pour former la colonie d’une nouvelle ruche.

En mars, dans le maquis méditerranéen, un essaim de 3 kilos soit environ 15 000 abeilles, est assez fort pour se développer rapidement. Il pourra produire une abondante quantité de miel en mai et juin, en présence de miellées, et sans qu’on doive lui apporter un nourrissement artificiel, à condition que sa reine soit très féconde.

 

Cependant, un nourrissement au sirop est toujours utile car il stimule la ponte et fortifie très rapidement la colonie. 

Les essaims primaires et secondaires peuvent aussi être utilisés pour fortifier une ruche faible ou moyenne dont la reine se révèle mauvaise pondeuse ou bourdonneuse.

 

Les essaims tertiaires et éventuellement les suivants sont trop petits pour constituer de nouvelles colonies. S’ils n’ont que quelques centaines à deux mille abeilles, il n’est pas avantageux de les récupérer. S’ils ont plus de 4 000 abeilles (environ 800 g), il est utile de les recueillir et de les réintroduire dans la ruche essaimeuse ou de les ajouter à une ruche faible. 

 

La mise en nouvelle ruche d’un gros essaim est facile. Si on l’a récupéré en ruchette ou caissette vides, il suffit de le secouer dans la ruche meublée de ses cadres garnis de cire gaufrée. Les abeilles tombent en paquet sur le dessus des cadres et descendent rapidement le long des feuilles de cire gaufrée en suivant leur reine. Ensuite, dès que la plupart des abeilles sont entrées dans la nouvelle ruche, on emporte cette dernière à son emplacement définitif.

 

Si on récupère l’essaim primaire ou secondaire directement dans la ruche meublée, ce qui est plus rapide, on secoue l’essaim posé sur une branche au-dessus des cadres de la ruche.

Si l’essaim s’est posé haut, on le fait d’abord tomber dans un récipient, puis directement dans la ruche munie de ses cadres garnis. 

 

L’introduction d’un essaim dans un ruche à fortifier est plus délicate, car il faut opérer de façon à éviter les combats entre ouvrières de deux familles différentes.  La répulsion ou l’agressivité que l’on note entre deux colonies que l’on désire réunir serait due à la présence de phéromones produites par les glandes de la reine, et dont l’odeur est particulière à chaque colonie. Il faut donc viser à mélanger les odeurs des deux colonies avant de réunir les ouvrières.

 

La méthode qui donne souvent de bons résultats est celle qui consiste à introduire l’essaim dans la ruche à fortifier par séparation temporaire des deux corps de ruche posés l’un sur l’autre, à l’aide d’une double feuille de papier journal, percée de trois ou quatre petits trous faits au moyen d’un crayon.

L’aspersion légère des deux colonies au sirop ou au miel allongé d’eau facilite la réunion. Cette méthode ne réussit pas toujours et des batailles entre les ouvrières des deux colonies se produisent lorsque le passage des ouvrières d’une colonie à l’autre a été trop rapide. 

Un procédé beaucoup plus sûr est celui qui utilise, au lieu d’une double feuille de papier journal, un couvre-cadres en bois percé de 60 à 75 trous de 4 millimètres de diamètre. Ce plateau troué, placé entre les deux colonies mises l’une audessus de l’autre, y est maintenu pendant 24 heures, laps de temps qui permet de confondre les odeurs des deux nids à couvain. Après enlèvement du plateau perforé, on ne constate jamais de bataille entre les deux colonies.

 

Dans ces opérations d’union et de renforcement des colonies, il faut veiller à supprimer la reine défectueuse, selon la seconde grande règle de base pour la bonne conduite d’un rucher. " La suppression de la mauvaise reine " est réalisée quelques heures avant la réunion...

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload