Recuperation d un essaim d abeilles

Le départ d’un essaim constitue une perte importante pour le rucher. Il faut donc le récupérer et l’utiliser. L’essaimage se produit par temps calme, doux ou chaud et ensoleillé.

L’essaim sort de la ruche généralement le matin entre 10 heures et midi, rarement dans l’après-midi.

Par beau temps, en période d’essaimage, l’apiculteur visitera son rucher chaque jour pour récupérer les essaims.

Un rucher est souvent entouré d’arbres et de buissons, et c’est sur ceux-ci que se posent les essaims primaires. Les secondaires et les tertiaires volent plus loin et il faut essayer de les suivre jusqu’à ce qu’ils se posent. 

 

Un essaim posé et suspendu à une branche a l’aspect, grosso modo, d’une sphère étirée vers le bas.

On pourrait croire qu’il est constitué d’un paquet compact d’abeilles.  Mais, si on l’observe bien, on verra que les ouvrières se tiennent les unes aux autres par les pattes, de manière à former un volume bien aéré, au centre duquel se trouve la reine.

 

L’essaim qui vient de quitter la ruche est inoffensif; ses abeilles ne sont pas agressives. On peut sans crainte manipuler un essaim sans voile et sans gants.  Cependant, un essaim qui, dans des cas rares, n’a pas trouvé de logis le jour ou le lendemain de l’éssaimage, devient agressif parce que ses ouvrières ont épuisé leur miel.

 

L’apiculteur chevronné reconnaît facilement ce type d’essaim errant et il se munit toujours d’un voile avant de le ramasser.  Dès qu’un essaim s’est posé, on doit procéder immédiatement à sa récupération en secouant la branche d’arbre à laquelle il est attaché, au-dessus d’un seau, d’une caissette ou d’une ruche vide ou même directement dans une ruche munie de cadres garnis. L’essaim tombe en bloc dans le récipient que l’on tient sous lui. Les abeilles qui voltigent aux alentours ne tarderont pas à rentrer dans la caissette ou la ruche, attirées par le «rappel» des ouvrières qui indique que la reine est présente.

Si on utilise une caissette, on la retourne sur un plateau après y avoir fait tomber l’essaim et on intercale des bouts de latte de bois d’un centimètre d’épaisseur entre les bords de la caissette et le plateau pour permettre l’entrée et la sortie des abeilles. Si on ne peut pas secouer le point d’appui de l’essaim, par exemple s’il est posé sur la grosse fourche d’un arbre, on fixe une caissette, une ruchette ou un panier le plus près de possible de l’essaim, ensuite on enfume doucement ce dernier.  Il ne tardera pas à entrer dans le récipient.

II arrive qu’un essaim secoué dans une ruche neuve garnie de cadres avec feuilles de cire en ressorte et aille se poser à l’extérieur. La raison en est sans doute qu’il était prêt à partir vers un gîte déjà choisi. Si on le secoue une nouvelle fois dans cette ruche, il n’en repart généralement plus.

 

Un essaim posé doit être recueilli au plut tôt surtout lorsqu’il s’agit d’essaims secondaire ou tertiaire, car le choix d ’un nouveau gîte et l’installation de l’essaim dans ce dernier peut s’opérer rapidement, généralement en quelques heures. Un essaim installé dans sa nouvelle demeure (cheminée, tronc d’arbre creux) depuis plusieurs heures, ayant commencé la construction des rayons, ne l’abandonne plus, même en cas de disette, sauf dans des conditions extrêmes. Cependant, d’une colonie installée dans un mur creux, un tronc d’arbre ou tout autre cavité inaccessible, on peut récupérer les abeilles et en faire une nouvelle colonie de la manière suivante : on bouche toutes les sorties des abeilles sauf une; sur cette dernière, on place une toile moustiquaire en forme d’entonnoir dont la base ferme l’orifice de manière à permettre aux ouvrières de sortir par le goulot ; à côté on fixe une ruche avec 9 cadres de miel et un cadre de couvain dont certaines larves ont moins de trois jours ; de retour au logis, les ouvrières ne trouvent pas l’entrée étroite du goulot, rentrent dans la ruche et se mettent à élever les larves dont une ou plusieurs seront des reines. La reine du nid du logis, restant seule, finira par périr.

 

La recherche d’un nouveau gîte est opérée par les ouvrières-éclaireuses. D’après les observations de Lindauer (1955), ces dernières se mettent à rechercher un nouveau gîte déjà plusieurs jours avant la sortie de l’essaim et exécutent la danse d’orientation vers ce gîte. Après la sortie de l’essaim, plusieurs éclaireuses recommencent à exécuter la même danse à la surface de l’essaim posé. Ces danses indiquent la direction et l’emplacement d’un ou plusieurs gîtes. Lorsque plusieurs gîtes sont renseignés, un certain nombre d’exploratrices partent vers les emplacements indiqués, puis reviennent et se remettent à danser. Le choix du nid peut être retardé de plusieurs heures à plus d’un jour. Mais, dans la grande majorité des cas, l’essaim prend possession de sa nouvelle demeure le jour même de sa sortie de la ruche.  

 

Les études de Seeley (1978) sur le choix d’un gîte par un essaim de Apis mellifera ligustica  sont très intéressantes. Ses nombreuses expériences ont montré que :

En général, le nouveau gîte est situé à plus de 300 mètres de la ruche-mère; le volume de la cavité varie entre 12 et 443 litres, le plus souvent entre 20 et 100 litres et, en moyenne, 35 litres; les éclaireuses ne perçoivent une différence entre deux volumes de gîte que si elle est supérieure à 15 litres ; le choix d’un volume déterminé est indépendant du volume de l’essaim; les éclaireuses peuvent évaluer le volume du gîte s’il est bien éclairé ou si elles peuvent le parcourir complètement en marchant ; les abeilles préfèrent : un gîte situé haut (à 5 mètres plutôt qu’à 1 mètre); un petit trou de vol (12,5 cm2  de préférence à 75 cm2); une entrée inférieure de préférence à une supérieure; faisant face au sud plutôt qu’au nord (dans l’hémisphère nord); un volume de 40 litres de préférence à 10 ou 100 litres; une cavité habitée antérieurement; mais elles ne manifestent aucune préférence pour la forme de l’entrée, la forme de la cavité ou pour un endroit humide ou sec.

 

Après que le choix du logis a été définitivement fixé, l’envol de l’essaim et la prise de possession du logis se déroulent de la façon suivante (Seeley et al., 1979) : lorsque le logis a été choisi par les éclaireuses, qui représentent environ 5 % de la population de l’essaim entier, ces dernières courent en bourdonnant sur les bords de celui-ci avant de retourner à l’essaim posé. Puis elles courent de la même façon sur l’essaim de manière à l’inciter à prendre son vol. Cette opération prend environ 30 secondes.

 

Dans son vol vers le logis, l’essaim forme un nuage circulaire d’environ 10 mètres de diamètre et 3 mètres d’épaisseur; il vole d’abord lentement, puis accélère jusqu’à au moins 11  kilomètres à l’heure et est piloté par un groupe d’éclaireuses. D’autres éclaireuses volent en avantguides, se posent à l’entrée de la cavité, et émettent la phéromone de rassemblement de leur glande de Nasanov. Lorsque l’essaim arrive sur les lieux, il s’immobilise dans l’air; en 3 minutes, il couvre l’extérieur du logis et, en 10 minutes au maximum, la plupart des abeilles suivant la reine, sont entrées dans la cavité.

 

 

 

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