Ruche bourdonneuse

Reine mauvaise pondeuse et reine boutonneuse :

Une reine peut être mauvaise pondeuse depuis sa jeunesse, ou seulement en vieillissant. On s’en aperçoit à l’examen du couvain, qui n’est pas abondant, et qui forme des petites surfaces arrondies au milieu des rayons. Une telle reine doit être supprimée et remplacée.

 

On appelle reine bourdonneuse celle qui pond un grand nombre d’oeufs non fécondés qui donnent, comme indiqué au paragraphe 70, naissance à des mâles.  Les reines bourdonneuses peuvent pondre plus de 50 et même jusqu’à 100 % d’oeufs non fécondés .

 

Il arrive qu’une jeune reine ponde des oeufs qui ne donnent naissance qu’à des mâles. C’est une reine dite arrhénotoque, c’est-à-dire qui n’a pas été fécondée.

Dans les deux cas, il y a lieu d’éliminer ces reines, et de les remplacer si la colonie est encore forte. Si elle est devenue très faible, il est préférable de la supprimer et d’utiliser le paquet d’abeilles pour en renforcer une autre qui possède une bonne reine.

 

Si on remplace tous les rayons ordinaires à alvéoles d’ouvrière par des rayons à alvéoles de mâle, la reine ne pondra que des oeufs mâles et la colonie ne pourra pas survivre. Dans ce cas, la reine est rendue artificiellement bourdonneuse.  La remise de cadres à alvéoles normales normalise à nouveau sa ponte.  

 

Dans une colonie, des ouvrières peuvent pondre des oeufs qui sont non fécondés et qui donnent naissance à des mâles. Ces derniers sont plus petits et ne pèsent qu’environ 60 % du poids des mâles de reine. Une ouvrière pondeuse peut pondre de 2 à 1 2 oeufs par cellule et les place dans n’importe quelle position au fond et contre les parois.

Ce processus se produit parfois lorsque la colonie est temporairement orphelline avant la naissance de la nouvelle reine. Il est donc passager, et le couvain bourdonneux disparaît dès que la jeune reine commence à pondre.

Le plus souvent, des ouvrières se mettent à pondre lorsqu’elles sont devenues orphelines et qu’elles n’ont à leur disposition ni oeufs, ni très jeunes larves qui leur permettraient d’élever une nouvelle reine. On peut, si les ouvrières de cette colonie sont encore nombreuses, les recueillir et les utiliser comme paquet d’abeilles pour renforcer une colonie par la méthode du papier journal ou du couvre-cadres perforé. Mais il ne faut pas que cette colonie soit plus petite que le paquet d’abeilles orphelines, car dans ce cas, ces dernières maîtriseraient la

première et tueraient leur reine.

 

D’après Ruttner et Hesse (1981), les ovaires des ouvrières de A. mellifère ne contiennent que 3 (A.m. mellifera) à 9 (A.m. capensis) ovarioles, tandis que chaque ovaire de la reine en contient de 160 à 180. L’ouvrière ne s’accouple pas, et ne possède pas de spermathèque. Après l’orphelinage (Hesse, 1942, cité par Morse, 1975), les oeufs se développent dans les ovarioles d’environ 10 % des ouvrières en un laps de temps de sept jours.

 

L’explication physiologique de la ponte chez les ouvrières de l’espèce Apis mellifera est la suivante : en présence d’une reine, les phéromones royales émises par celle-ci inhibent le développement des ovaires embryonnaires des ouvrières; après disparition de la reine, l’absence de phéromones royales déclenche le processus de développement des ovaires et la ponte chez un certain nombre d’entre elles.

 

Chez les abeilles asiatiques (A. cerana et A. dorsata), ce phénomène est encore plus marqué, et on peut même constater la présence d’une «fausse reine», c’est à dire d’une ouvrière pondeuse entourée d’une «cour».

La fausse reine aurait donc des glandes productrices de phéromone royale, comme une reine normale.

En outre, Mackensen a découvert que, même chez l’abeille italienne (A. mellifère ligustica), un petit nombre d’oeufs diploïdes, c’est-à-dire donnant naissance à des femelles, pouvait être pondu par des ouvrières. Ce phénomène est d’ailleurs courant chez l’abeille du Cap (A. mellifera capensis) dont certaines ouvrières acquièrent des ovarioles fonctionnels, et pondent des oeufs donnant, par parthénogenèse, naissance à des ouvrières (Anderson, 1973) et même à des reines si la nourriture est appropriée...

 

 

 

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