Conditions d acceptation d une reine par la colonie

Les conditions qui facilitent l’acceptation d’une reine sont les suivantes :

La colonie doit être orpheline, sans cellules royales, sans ouvrières pondeuses. Le temps doit être calme et sans orage, et après l’introduction, il ne faut pas déranger la colonie remérée pendant quelques jours. 

La reine qui est issue de cellules d’élevage d’une autre colonie n’est pas facilement acceptée par les ouvrières orphelines. D’après Yadava et Smith (1971), cette acceptation dépendrait de la quantité de «phéronome de stress», émise par les glandes mandibulaires de la reine lorsque cette dernière se trouve en présence d’ouvrières orphelines étrangères; plus elle émettrait de «phéromone de stress», plus les ouvrières se montreraient agressives envers elle jusqu’à la mutiler et assez souvent la tuer. Robinson (1982) ne partage pas cette hypothèse. Il a pratiqué un grand nombre d’introductions de reines dans des colonies orphelines et a très souvent observé l’agressivité envers la nouvelle reine, mais dans aucun cas il n’a pu mettre en évidence l’émission de phéromone éveillant cette agression.  Cette dernière consiste en l’emballement de la reine par les ouvrières formant une boule compacte autour d’elle. La conséquence de l’emballement est parfois l’étouffement et la mort de la reine.  

 

Adam (1951) affirme que l’acceptation est plus facile lorsque la reine à introduire est jeune, qu’elle pond depuis environ quatre semaines, et qu’elle se remet à pondre dès qu’elle a été introduite dans la colonie orpheline. Butler et Simpson (1950) ont mis en évidence que les vieilles reines vierges et les très jeunes reines pondeuses (fécondées) sont les plus difficiles à se faire accepter par les ouvrières des colonies orphelines quelle que soit la durée de l’orphelinage. 

Ces observations concordent assez bien avec celles d’Adam. On a remarqué lors de l’introduction de reines, que celles qui sont tuées par les ouvrières sont le plus souvent des reines légères, et que, pour être acceptée, une reine doit peser de 200 à 230 milligrammes. Un poids inférieur à 190 milligrammes est insuffisant. D’autre part, certains expérimentateurs ont mis en évidence que 5 à 10 millilitres d’alcool éthylique versés dans une capsule de bouteille déposée au-dessus de la cage à reine introduite dans la ruche, facilitait nettement l’acceptation de cette dernière.

 Enfin, l’acceptation d’une nouvelle reine par une colonie forte est difficile ; mais ce n ’est normalement pas celle que l’on doit remérer. Elle est facile si la colonie est un nucléis formé d’abeilles jeunes. Ajoutons que, d’après Bélin (1980), l’acceptation est plus facile lorsqu’une colonie orphelinée qui a conservé son couvain ouvert, a déjà entrepris un élevage royal à partir de ses propres larves, quelques heures et jusqu’à 48 heures après l’orphelinage.

On attend ce laps de temps avant d’introduire les cellules royales lorsque l’on pratique le remérage systématique des colonies...

 

 

 

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