Introduction d une reine dans une colonie d abeilles

On ne connaît pas encore de méthode parfaitement efficace d’introduction d’une reine dans une colonie. Nous en décrivons ci-dessous quelques-unes.

La méthode la plus simple, mais qui ne réussit pas toujours, est d’introduire une reine dans une enveloppe à lettre que l’on ferme et que l’on perce de quelques petits trous. Après quatre à six heures d’orphelinage de la colonie, on glisse l’enveloppe entre deux cadres.

 

Une méthode d’acceptation de la reine qui réussit presque toujours est la suivante:

On supprime la mauvaise reine, et on introduit la nouvelle en l’enfermant seule sous un couvercle de treillis à mailles de 3 à 4 millimètres de largeur. Ce couvercle doit avoir environ 7 centimètres de diamètre et 2 centimètres de hauteur.  La reine est maintenue sous ce couvercle en enfonçant les bords de ce dernier jusqu’à un centimètre de profondeur dans les alvéoles à l’endroit où une bâtisse possède du couvain mûr et quelques cellules chargées de miel. Les abeilles qui, sous ce couvercle, naissent du couvain mûr dans les heures qui suivent, acceptent la reine et la nourrissent.

Après 3 à 5 jours, on enlève la cage et la reine est presque toujours acceptée par toute la colonie.

 

Si la colonie à remérer ne possède pas de couvain mûr, la reine est introduite dans la colonie en cage d’expédition que l’on suspend entre deux cadres du nid à couvain, après avoir enlevé de la cage les abeilles accompagnatrices.  Les ouvrières viennent nourrir la reine à travers le grillage. Ce dernier doit être fait de mailles de 3 à 4 millimètres de largeur.

Un treillis plus serré ne permettrait pas les contacts antennaires des ouvrières avec la reine, ni de nourrir cette dernière qui mourrait de faim. Après 3 à 5 jours, on sort la reine de sa cage entre les deux cadres. Il est rare qu’elle ne soit pas acceptée. 

 

Une autre méthode d’introduction de la reine, recommandée par Loubet de l’Hoste (1973) est la suivante : on plonge la reine dans du miel allongé d’eau; on l’ôte rapidement du liquide à l’aide d’une cuillère et on laisse couler le contenu de la cuillère sur un cadre maintenu horizontal que l’on vient d’enlever du nid à couvain à remérer. On arrose une partie des abeilles de ce cadre avec le même miel aqueux. La reine enrobée de miel aurait perdu son odeur et ne pourrait être différenciée de l’ancienne. En outre, étant engluée, elle ne peut pas être «emballée». Dans ces conditions, elle serait presque toujours acceptée. 

 

Une méthode recommandée par Bélin (1981) est celle qui consiste à enfumer fortement, le soir, une colonie orphelinée depuis environ 24 heures et à ensuite lâcher la reine sur la planchette de vol. La reine est chassée vers l’intérieur à l’aide d’un peu de fumée. Si elle ne rentre pas, on remet l’opération au lendemain.  D’après Bélin, cette méthode réussit presque toujours.

 

D’après Morse (1975), la meilleure méthode d’introduction d’une reine est de l’incorporer à la colonie en même temps qu’un petit nucléus d’ouvrières. Certains apiculteurs conservent quelques nuclei avec jeune reine dans des ruchettes en vue de s’en servir pour remplacer les reines défaillantes. On enlève la reine devenue mauvaise, et on pose le nucléis avec la jeune reine au-dessus de la colonie à remérer, en plaçant entre les deux une feuille simple de papier journal. Cette méthode réussit presque toujours. 

 

En Nouvelle-Zélande, on a mis au point une technique de remérage sans enlever la vieille reine, en utilisant des cellules royales protégées.  Il est à noter que, lorsqu’on supprime une mauvaise reine avant le remérage, il arrive parfois qu’une jeune reine de supersédure soit déjà née et qu’elle ait commencé à pondre. Si l’éleveur ne s’en aperçoit pas, et s’il introduit une nouvelle reine, cette dernière sera tuée par la première...

 

 

 

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