Prevention de l essaimage d un essaim d abeilles

L’essaimage est indésirable pour la production de miel et de pollen, car il affaiblit  les colonies et donne beaucoup de travail de récupération des essaims. L’essaimage est dû à plusieurs facteurs dont les principaux sont : la race d’abeilles, l’âge de la reine, l’état de ses sécrétions hormonales et ses qualités génétiques, l’âge des rayons utilisés pour le couvain, la saison et les conditions nectarifères et pollinifères.  Les abeilles tropicales africaines peuvent essaimer par simple manque d’eau dans le rayon d’action de la ruche.

 

En ce qui concerne le volume de la ruche, on constate que l’essaimage se produit généralement à la suite de l’augmentation rapide de la population de la colonie et de la réduction de l’espace vital au printemps.

 

On recommande donc de maintenir le volume de ruche toujours suffisant en faisant hiverner les ruches avec une hausse dans les climats à hiver doux. Mais cette pratique est loin de maîtriser complètement l’essaimage.

L’abeille noire, l’italienne et la caucasienne sont naturellement peu enclines à l’essaimage (dans la théorie), tandis que la carniolienne essaime nettement plus. En Roumanie, on a sélectionné (Foti, 1979) des races des Carpathes montrant un caractère héréditaire très marqué à la supersédure.

Cette dernière se produit naturellement environ tous les trois ans et, entre temps, on ne constate pas d’essaimage.  Ces races seraient très prolifiques et productives. 

 

Dans la plupart des races, lorsque la reine est âgée de plus de 2 ans, on peut s’attendre à un essaimage. Une reine âgée n’aurait plus la capacité de produire une quantité suffisante de phéromones qui empêchent le déclenchement chez les ouvrières des stimuli d’élevage de reines.

Dans ce cas, il est logique de remplacer la reine. Le renouvellement bisannuel des reines maîtrise l’essaimage dans de larges proportions; le renouvellement annuel le supprime presque totalement .

 

Dans une même race d' abeilles, certaines reines produisent des colonies plus essaimeuses que d’autres. Un des buts des stations de sélection des reines est de produire des types peu enclins à l’essaimage, par croisements et hybridations. Certains éleveurs de reines , dont nous faisons partie, peuvent à présent fournir des reines possédant la qualité de produire des colonies peu essaimeuses. 

 

Le remplacement régulier des vieux cadres aurait pour effet de faire décroître l’essaimage : Wulfrath et Speck (1957) ont mené une expérience avec 200 ruches Langstroth. Sur 100 colonies dont 5 bâtisses sur 10 avait été remplacées en été par des cadres de cire gaufrée, ils en observèrent seulement une qui fit les préparatifs d’essaimage. Parmi les 100 autres chez lesquelles aucune bâtisse ne fut renouvelée, ils identifièrent 23 colonies faisant les préparatifs d’essaimage. Ces deux apiculteurs remplaçaient chaque année la moitié de leurs bâtisses par de nouvelles et affirmaient avoir éliminé l’essaimage ; ils utilisaient les vieilles bâtisses pour les hausses. 

Puisqu’il a lieu le plus souvent au printemps, l’essaimage semble suivre un cycle saisonnier, probablement sous l’influence des conditions nectarifères et pollinifères de la flore. Certains auteurs affirment que les colonies qui ont pu développer fortement leur couvain au début du printemps, grâce non seulement à une reine bonne pondeuse, mais encore par la présence d’abondants nectar et pollen, se mettent à préparer l’essaimage si elles se trouvent brusquement à cours de source de butinage.

 

Par contre, Seressia (1956) affirme l’inverse, et écrit que l’excès de pollen par rapport au couvain à nourrir déclencherait le processus d’essaimage. Cet auteur recommande, pour éviter ou réduire l’essaimage de piéger le pollen à l’aide de trappes au moment de l’apogée de la pollinée. Ces résultats contradictoires d’observations montrent combien l’étude du processus d’essaimage est complexe. 

 

Lorsqu’une colonie prépare l’essaimage, on peut souvent l’en empêcher en supprimant toutes les cellules royales avant qu’elles ne soient operculées. En pratique, en période d’essaimage, on supprime les cellules royales tous les 1 0  jours.  Si on les enlève après operculation, l’instinct à l’essaimage des ouvrières n’est pas supprimé. Cette méthode de contrôle de l’essaimage n’est pas recommandable, car elle est exigeante en travail et elle ne supprime pas la cause des stimuli d’essaimage des abeilles. 

 

Il existe d’autres méthodes de prévention d ’essaimage, mais elles nécessitent des travaux compliqués de transvasement de cadres, ou pénibles de déplacement de ruches.

Aux Etats-Unis, la technique de prévention d’essaimage la plus classique consiste en l’inversion de la position des hausses : la tendance naturelle d’une colonie est de déplacer le nid à couvain vers le haut; la reine pond du bas vers le haut, et on trouve souvent une troisième hausse pleine de couvain et surpeuplée, alors que les deux inférieures, y inclus le corps, sont peu peuplés. L’inversion consiste à prendre la hausse ou le corps inférieur et à le placer au-dessus des deux autres. Ainsi, la reine a tendance à étendre sa ponte à nouveau vers le haut, dans l’espace libre. On peut décongestionner la hausse pleine de couvain en y prélevant un cadre de couvain et en plaçant ce dernier dans la hausse que l’on vient de placer au sommet. Certains apiculteurs inversent plusieurs fois leurs hausses au printemps pour enrayer l’essaimage.

 

La méthode que nous recommandons pour la création de nouvelles colonies par division est également efficace pour diminuer l’essaimage si la division est opérée avant le début de la construction de cellules royales.

 

Une méthode courante de prévention de l’essaimage pratiquée depuis la fin du siècle dernier est celle connue sous le nom de Demaree. Il existe plusieurs variantes de cette méthode, mais fondamentalement, elle consiste à placer la reine sous une grille à reine dans le corps de ruche et à poser les hausses au-dessus, en ayant soin de mettre le couvain dans la hausse supérieure pendant l’opération.  Nous ne recommandons pas cette méthode qui demande beaucoup trop de travail et de doigté, surtout avec des colonies populeuses.  Signalons qu’en Angleterre, on a constaté (Simpson, 1953), sans en trouver l’explication, qu’au moins la moitié des colonies qui commençaient le processus d’élevage des reines ne l’achevaient pas, et donc n’essaimaient pas.  

 

Enfin, étudiant le remérage des colonies, Gary et Morse (1962) ont montré que ni l’essaimage, ni la supersédure ne suivent nécessairement la maturation de cellules royales et que, parfois, une ou plusieurs reines peuvent être élevées et rejetées de la ruche avant que l’essaimage ou la supersédure n’ait lieu ; ces auteurs citent le cas de reines rejetées d’une seule colonie; dans leur méthode expérimentale, ils utilisaient des trappes à reines placées devant le trou de vol...

 

 

 

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