Trouver une reine fecondee dans la ruche

La recherche de la reine est une opération fastidieuse pour l’apiculteur, surtout lorsqu’il possède de nombreuses ruches. Il est plus facile de trouver la reine aux époques de reprise de la ponte ; en effet, c’est à ces périodes que les populations d’ouvrières sont les plus faibles. Il faut procéder à sa recherche, par beau temps et au cours du butinage, pour éviter le pillage.

 

On ouvre le nid à couvain et on utilise le moins de fumée possible pour ne pas faire fuir la reine. Cette dernière se trouve généralement sur une des bâtisses contenant du jeune couvain et des oeufs. Si on opère brusquement et avec trop de fumée la reine a tendance à s’éloigner. On commence par enlever les cadres situés au bord du nid à couvain, en avançant cadre par cadre vers l’intérieur du nid, les deux faces de chacune étant examinées rapidement. De cette façon, on repère la reine aisément. 

Parfois, cette dernière s’est sauvée à la partie inférieure d’un cadre, à l’intérieur d’un petit paquet d’ouvrières. Si on ne l’a pas trouvée après l’examen de tous les cadres de couvain et du fond de la ruche, on remet ces derniers, on referme la ruche, on attend quelques minutes, puis on recommence la même opération.  Il est rare que l’on ne la trouve pas au second examen.

S’il y a du couvain dans la hausse, on intercale une grille à reine entre la hausse et le corps, et on cherche la reine, d’abord dans la hausse, puis dans le corps. On repère beaucoup plus facilement une reine marquée.

 

Une autre méthode pour trouver la reine consiste à enfumer la colonie par son trou de vol avec de la fumée froide pendant environ une minute. Après trente secondes, depuis le début de l’enfumage, on enlève le couvre-cadres et on continue à enfumer par le trou de vol. Souvent la reine, incommodée, apparaît sur la partie supérieure d’un cadre. Ce procédé réussit encore mieux, si, après avoir enfumé par le dessous, pendant une minute et demi, le corps de ruche surmonté d’une hausse, on intercale une grille à reine entre la hausse et le corps. On découvre ensuite la hausse que l’on enfume par le dessus pour faire descendre les ouvrières dans le corps. Le plus souvent, la reine se trouve sur la grille en train d’essayer de passer au travers.

 

Comment marquer une reine :

Pour marquer une reine, on la prend entre deux doigts ou on la fixe momentanément contre un rayon au moyen d’une spatule grillagée. Au moyen d’un petit pinceau ou d'un crayon adapté, on applique une goutte de liquide du type vernis à ongles sur le centre supérieur du thorax en ayant soin de ne pas laisser couler le liquide sur la jointure des ailes. On laisse sécher le liquide quelques secondes, puis on remet la reine en liberté. Le marquage des reines peut être réalisé également à l’aide de petites pastilles adhésives colorées et, en plus, marquée d’un numéro. On trouve ces pastilles dans le commerce spécialisé.

 

Par convention internationale, on attribue une couleur à chaque année et la reine est marquée à la couleur de l’année de sa naissance; le cycle des couleurs est de cinq ans : vert : 2014; bleu : 2015; blanc : 2016 ; jaune : 2017; rouge : 2018; vert : 2019, etc...

Lorsqu’on pratique le remérage annuel des colonies, il est inutile de marquer les reines par année; un simple marquage avec couleur vive suffit pour les repérer.

 

Comment évaluer une reine :

 Fyg (1963) a particulièrement bien étudié les reines et leurs anomalies. Son étude a porté sur environ 5.000 reines. Les principales anomalies qu’il a mises en évidence sont les suivantes : ailes atrophiées, prétarse malformé, hypoplasie des ovaires, développement incomplet des oviductes, double spermathèque, ovarioles supplémentaires, position inversée des organes asymétriques abdominaux, accouplement imparfait.

La stérilité des reines peut être due à la maladie infectieuse causée par un micro-organisme du type levure, à Aerobacter cloacae, à l’hypertrophie du corps graisseux, ou à l’augmentation anormale de la quantité d’hémolymphe, causée probablement par le mauvais fonctionnement de certains organes internes. Fyg a aussi mis en évidence des tumeurs sur les ovaires et la dégénérescence de ces derniers à cause de la nosémose.

 

Il va de soi que l’apiculteur ne peut évaluer ses reines d’après des observations très précises dont la plupart nécessite d’ailleurs l’utilisation d’un microscope. Mais il peut se baser sur les caractéristiques suivantes : physiquement, une bonne reine doit avoir un long abdomen bien arrondi, de couleur régulière et un gros thorax. Une reine dont l’abdomen est court, mince, se terminant en pointe, de couleur hétérogène, et dont les mouvements sont irréguliers, est à éliminer ou écarter du rucher principal...

 

Parfois, malgré une apparence physique normale, la reine est mauvaise pondeuse. L’aptitude à pondre abondamment est jugée par l’examen du couvain. Si ce dernier est abondant au début du printemps et formé en cercles concentriques sur les bâtisses, la reine est satisfaisante.

Si cette reine continue à pondre de la même façon durant le cycle normal annuel de ponte, elle peut être

considérée comme bonne.

Les qualités d’une reine peuvent être évaluées aussi par les performances de ses filles : une colonie doit être bonne amasseuse de miel et de pollen et peu encline à l’essaimage. Ces qualités peuvent s’obtenir lorsqu’on achète des reines certifiées par L'apiKulteur...

 

 

 

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