Epoque et quantite de nourrissement

Pour stimuler la colonie à la ponte et à l’élevage, il faut d’abord stimuler les ouvrières.

 

Si le nectar et le pollen sont absents et que la température extérieure est supérieure à 12C°, on les stimule par nourrissement artificiel. Ce dernier les incite à nourrir en abondance la reine qui, de ce fait, se mettra à pondre. 

 

Il faut que la colonie soit stimulée à la ponte et à l’élevage, de 60 à 40 jours avant l’époque de la ou des grandes miellées. En effet, il faut en moyenne 21 jours pour qu’un oeuf devienne abeille (imago), et encore 21  jours pour que cette dernière atteigne le stade de butineuse, soit au total 42 jours. Si la reine est excellente et qu’elle pond jusqu’à 2 000  oeufs par jour durant 20  jours à partir du 60e jour avant la grande miellée, et si les ouvrières vivent en moyenne 37 jours, la colonie disposera d’environ 40 000 butineuses durant 20 jours de la grande miellée. 

 

Dans les conditions écologiques optimales d’apiculture sédentaire, qui sont d’ailleurs devenues rares, il n’est pas toujours économique de nourrir les colonies. A la récolte du miel, en climat à hiver doux, on laisse les provisions du corps de ruche aux abeilles. Ces réserves sont suffisantes pour permettre aux colonies fortes de passer l’hiver et d’être stimulées à élever du couvain au printemps dès que le pollen est abondant. 

 

En automne, en Espagne, la répartition de plusieurs miellées et pollinées dans le temps permet aux colonies de trouver de la nourriture naturelle en suffisance pour passer aisément les périodes de disette relative : d’abord en septembre-octobre, une abondante quantité de pollen sur une plante pionnière, l’inule visqueuse permet à la reine de pondre et aux ouvrières de nourrir un couvain étendu, donnant de fortes colonies avant l’hiver ; ensuite en octobre-novembre, une très abondante miellée sur l’arbousier (Arbutus unedo) fournit le miel de provisions d’hiver.

 

Au printemps, les grandes miellées de la bruyère arborescente et de la lavande fournissent en juin le miel de récolte ainsi que, dans le corps de ruche, le miel que les colonies consomment durant la forte sécheresse de juillet et août.

 

Dans le maquis méditerranéen, il n’est pas nécessaire de nourrir les abeilles pour leur survie, ni pour stimuler la reine à la ponte, sauf après des sécheresses exceptionnellement longues en janvier et février ou en août et septembre, ou encore lorsque les jeunes colonies n’ont pas pu faire des provisions suffisantes après leur création. 

 

Dans la plupart des ruchers européens, il est indispensable de nourrir les colonies pour assurer leur survie et stimuler la ponte de la reine au printemps. La flore mellifère y est devenue par endroits tellement pauvre par suite de l’urbanisation et de l’emploi d’herbicides en agriculture que, même si on laissait aux abeilles toute leur récolte, celle-ci ne suffirait pas à leur survie. En Hollande et en Belgique, la concentration en ruches par rapport aux disponibilités en nectar est tellement élevée que le rendement annuel moyen par ruche est, à part quelques exceptions, de 5 kilos de miel. 

 

Dans les pays à hiver froid de l’hémisphère nord, on nourrit les colonies en septembre, et dans les pays à hiver doux, en octobre. Dans certaines contrées où le printemps et parfois le début de l’été peuvent être pluvieux et froids, il est souvent nécessaire de nourrir les abeilles. Même si le temps est normal au printemps, les apiculteurs doivent pratiquer un nourrissement pour stimuler le démarrage précoce de la ponte et du couvain. 

 

En région tropicale, la longue saison des pluies est généralement une période de disette pour les abeilles qui peuvent mourir de faim si on ne les nourrit pas. 

 

En ce qui concerne le type de nourriture, en automne on administre du sirop à un tiers d’eau ou du candi, et au printemps, du sirop à 50 % d’eau. Dans les régions où le pollen est rare au début du printemps, il y  a lieu d’administrer, comme substitut, un aliment protéinique pour assurer un développement précoce du couvain. Les jeunes abeilles s’en nourrissent aussi ce qui allonge la durée de leur vie, et le rendement en miel de la colonie s’en trouve augmenté.

 

Il est difficile d’établir des normes de quantités de nourriture à attribuer aux colonies, car le volume de réserves dont elles ont besoin dépend de la latitude, de l’altitude, des conditions climatiques locales, de la flore et de la force de chaque colonie.

 

Si on considère que la population d’une colonie forte est en moyenne de 30 000 abeilles au cours de l’année (hiver compris) et qu’une abeille, en région à hiver doux et été chaud, consomme par jour 5 milligrammes de miel (moyenne de l’hiver et de l’été), la colonie aura besoin pour sa propre subsistance d’un peu plus de 50 kilos de miel par an. En automne, 20 de ces 50 kilos doivent se trouver dans le corps Langstroth comme réserves d’hiver. Si les réserves sont inférieures, il est indispensable de nourrir au sirop. Dans les régions à hiver très froid, les réserves en automne doivent être d’environ 50 kilos par ruche. Au printemps, dans les régions où la flore pollinifère et mellifère est rare et tardive, il faut donner à chaque colonie un stimulant de 10  à 15 kilos d’un mélange de nourriture au sirop et aux protéines...

 

 

 

 

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