La grappe d hivernage des abeilles

Les abeilles ne se mettent pas en hibernation comme beaucoup d’insectes. Elles vivent en société et, pour se protéger du froid, produisent de la chaleur par leur métabolisme à la suite d’ingurgitation de miel. Celles qui vivent dans les régions où l’hiver est froid, c’est-à-dire la plupart des races de l’espèce Apis mellifera, se rapprochent en périodes froides pour former une grappe.

 

A.m. mellifera andansonii et scutellata,  qui sont tropicales, ne possèdent pas l’instinct de se rassembler en boule serrée dès qu’il fait froid. C’est la raison pour laquelle l’aire d’expansion de A.m. scutellata  sera limitée entre les 33e parallèles nord et sud en Amérique.  Lâche au-dessus de 14C°, la grappe devient presque sphérique au-dessous de cette température.

 

Au-dessous de 7C°, les abeilles du centre de la grappe où se trouve la reine, dégagent une chaleur proportionnelle à l’intensité du froid extérieur, de manière à maintenir la température aux environs de 7C° à la surface de la sphère et un minimum de 14-15C° au centre de cette dernière.

 

Si elles ne parviennent pas à maintenir ces températures, soit par manque de nourriture, soit à cause d’un froid brusque et très intense, la colonie périt.  En général, même par des températures extérieures inférieures à 0C°, à l’intérieur de la grappe, la température oscille entre 20 et 35 C° et au centre où se trouve la reine, elle ne descend pas au-dessous de 32C°.

 

Plus la colonie est forte, plus facilement ces hautes températures sont maintenues. Dans la grappe, il y a un échange continuel de position des abeilles, celles du centre de la sphère se déplacent lentement vers l’extérieur et inversement. 

Les abeilles de la grappe consomment le miel des cellules voisines, et la grappe se meut peu à peu vers le haut au fur et à mesure que le miel du voisinage est consommé.

 

C’est la raison pour laquelle, avant l’hiver, il faut enlever la grille à reine entre le corps et la hausse, car une fois le corps épuisé, la grappe pourrait se mouvoir à travers la grille et laisser derrière elle la reine qui périrait. Dans le cas de températures très basses (inférieures à 0C°), la grappe se contracte très fort et les abeilles ne consomment plus que le miel situé au-dessus de la grappe.  Dans ce cas, une colonie peut mourir de faim en présence d’abondantes provisions de miel, si ces dernières sont logées au-dessous de la grappe.

 

Les colonies faibles sont les plus vulnérables, car elles présentent un rapport moins favorable entre le nombre d’abeilles et la surface de déperdition de chaleur.  Il est intéressant de noter que, si on dérange la grappe hivernale d’un nid d’abeilles, la surface de la grappe ressemble à un hérisson sortant ses épines, du fait que des centaines d’abeilles sortent leur dard.

 

La grappe forme un excellent artifice de conservation de la chaleur; autour chaleur est minime à tel point que, à quelques centimètres de sa surface, la température est égale à celle de l’extérieur, et, là où les hivers ne sont pas très rigoureux (minimum de -5 ÆC à - 10C°), le calorifugeage des ruches est inutile. Il est cependant utile dans les régions où les hivers sont rigoureux. Ainsi au Minnesota, à la suite d’observations et relevés qui ont duré 20 ans, Haydak (1967) à établi qu’en hiver, les pertes de colonies dans les ruches protégées par une forte épaisseur de papier ondulé étaient seulement de 6 %  contre 9 % chez les ruches légèrement emballées du même papier, et 26 % chez les ruches nues.

 

Dans les climats les plus rigoureux, comme ceux du Grand Nord canadien et en Sibérie, il est indispensable d’élever les abeilles dans des ruchers-chalets chauffés en hiver. 

 

Quant à l’aération hivernale de la ruche, elle est indispensable... Au milieu de la grappe, le taux de C02  est élevé et atteint facilement 3-4 % et parfois 9-10 % (Hallund, 1956). A cette concentration, les abeilles commencent à ventiler. Langstroth (1857) avait déjà mis en évidence la nécessité de la ventilation des ruches par leur partie supérieure, même au cours des hivers les plus rudes.

 

Dans nos ruchers, où l’hiver n’est jamais rude, nous laissons le trou de vol ouvert (19 cm sur 0,9), ainsi que deux orifices circulaires d’un centimètre de diamètre dans la partie supérieure de la face antérieure du corps et des hausses. Les ruches TechnoSet ont été pensé pour répondre à ces exigences...

 

 

 

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