Nourrissement artificiel des abeilles

Le nourrissement artificiel des abeilles se développa après la découverte de la ruche à cadres mobiles, au moment où l’élevage intensif prit son essor, il y aura bientôt un siècle et demi. Il en est d’ailleurs un des facteurs de promotion.

 

A l’origine, il est basé sur le raisonnement selon lequel, puisqu’on a pris ses réserves à la colonie, il est nécessaire à sa survie de les lui rendre sous forme de produits de substitution de moindre valeur marchande que le miel. 

 

Du fait que Apis mellifera L.  possède un instinct d’amassage excessif, et que, lorsqu’elle en a l’occasion, elle récolte beaucoup plus de réserves qu’elle n’en a besoin, il est normal, dans des conditions écologiques optimales, de la nourrir rarement ou très peu si, à la récolte, on lui a laissé une partie de ses réserves.  Une connaissance précise des cycles saisonniers de ponte, de la végétation mellifère et du climat dans une région donnée, permet à l’apiculteur de nourrir la colonie aux moments les plus favorables. 

 

Mais le nourrissement artificiel n’a pas pour seul objectif de suppléer aux réserves de la ruche dans les régions de disette due au froid ou à la sécheresse. En apiculture intensive, le nourrissement, administré à bon escient, a comme objectif principal de stimuler la ponte et l’élevage.

 

C’est la stimulation du nectar naturel ou du sirop de nourrissement à au moins 50 % de sucre ou de miel dilué, qui incite les abeilles à récolter davantage de pollen et à s’activer à l’élevage du couvain.

 

Produits de pourrissement: Les produits traditionnels de nourrissement sont le candi et les sirops de saccharose.

Le candi est une masse de sucre solide contenant environ 15 % d’eau et 85 % de saccharose.

 

On le trouve dans le commerce. Sa préparation est simple : les proportions sont de 10 kilos de sucre pour 3 litres d’eau. On porte l’eau à ébullition en lui ajoutant progressivement le sucre. Ensuite, on laisse monter la température jusqu’à 115C° si le point d’ébullition de l’eau est de 100C°, c’està-dire à la pression barométrique de 760 millimètres de mercure.

Pour un lieu donné, il faut faire varier la température de chauffe du candi dans le même sens et dans les mêmes proportions que la température d’ébullition de l’eau. 

 

On prépare ordinairement deux types de sirop : l’un dont les proportions sont d’un kilo de sucre ordinaire (saccharose) dans un litre d’eau, utilisé comme nourriture de printemps; l’autre contenant deux kilos de sucre dans un litre d’eau, utilisé comme nourriture d’automne. Le premier se prépare facilement à froid en brassant le mélange.

Le second est beaucoup plus lent à préparer à froid, et il est nécessaire, pour de grandes quantités, de faire le mélange dans un brasseur électrique. Pour de petites quantités, on mélange en chauffant jusqu’à 80-85C°. 

 

En Europe, le sucre vendu à bas prix pour le nourrissement des abeilles est un produit spécial, l’octoacétylsaccharose, appelé sucre dénaturé, qui est amer et non consommable par l’homme.

 

D’autres produits de nourrissement se sont répandus depuis une trentaine d’années en Amérique, en Europe, Australie et Nouvelle-Zélande; ils sont constitués, outre de sucre, de pollen et de substituts de pollen tels que la farine de soja et la farine de pois chiches (Cicer arietinum).  Lorsqu’on laisse des sacs de farine de pois chiches ouverts à l’extérieur, en période de disette de pollen, les abeilles viennent y puiser.

C’est un bon substitut de pollen, contenant 23 % de protéines. D’après Haydak (1967) et Chauvin (1976), un excellent mélange consiste en trois parties de farine de soja, une partie de levure de Torula,  et une partie de lait écrémé. On administre ce mélange à la colonie, à 30 % dans le miel avec lequel il forme une pâte épaisse. Le miel y joue un rôle d’attractif sans lequel les abeilles délaissent le substitut. Haydak (1967) a montré que, pour la production de couvain, ce mélange est supérieur au pollen sec âgé d’un an. Dans le commerce, on trouve différents aliments protéinés pour abeilles. Avant d’en utiliser un, il y a lieu de vérifier ses qualités, car certains ont provoqué des déboires en se solidifiant dans les alvéoles...

 

 

 

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