Elevage de reines

L’époque la plus naturelle pour l’élevage des reines est au moment des pollinées qui fournissent la nourriture des larves, c’est-à-dire le plus souvent au printemps, dans le sud, et en mai-juin, en climat plus froid.

 

Quelques semaines plus tard, à la saison de l’essaimage naturel, la fécondation des reines réussit le mieux grâce à la présence de nombreux mâles dont les organes sexuels sont matures. Dans les régions où l’hiver est doux, on peut élever des reines toute l’année. 

 

L'accouplement naturel des reines réussit à 100 % toute l’année, sauf à partir du mois de septembre où la réussite n’est que de 50 % par suite de l’insuffisance de mâles à cette époque.

 

Les fécondations tardives permettent d'obtenir des colonies avec de jeunes reines fécondées pour l'automne. Chaque ruche dispose ainsi d' une population très forte avant l’hiver et un couvain abondant très tôt au printemps.

 

L ’élevage automnal des reines présente aussi l’avantage sur l’élevage printanier d’éviter l’essaimage naturel. En effet, des colonies dotées de reines âgées de quelques mois, n’essaiment pas, tandis que celles pourvues de reines de plus d’un an manifestent déjà un pourcentage élevé d’essaimage.

 

Nos essaims d' abeilles disponibles à la vente disposent de reines de l'année ou de reines hivernés. 

 

Par temps froid, l’élevage de reines doit être évité, car la température optimale de développement des larves et des nymphes de reines est d’environ 33C°, laquelle ne peut être facilement maintenue par les nourrices si la température extérieure est inférieure à 18°C. Élevées en dessous de 33°C, les reines sont plus petites, ont moins d’ovarioles et, par conséquent sont moins fertiles.

 

L ’obtention de reines de haute qualité n’est pas facile...  Elle demande des connaissances approfondies sur le cycle du couvain, sur le comportement social des abeilles, ainsi que beaucoup de dextérité et d’expérience dans les manipulations.

 

Si le temps de la région est générale ment pluvieux durant l’époque d’élevage royal naturel, il est préférable que l’apiculteur renonce à pratiquer son propre élevage.

Si la région jouit d ’un temps relativement chaud et calme, sans changements brusques de températures pendant l’élevage, il aura toutes les chances de réussir.

S’il échoue après ses premiers essais, il ne doit pas se décourager. Il lui reste à acquérir du doigté et de la pratique...

Le plus simple reste de se fournir auprès de notre structure...

 

Les centres les plus importants d’élevage de reines, en vue de la vente, se trouvent en Autriche, Italie, U.R.S.S., États-Unis et Australie.

 

Quel que soit le nombre de ruches qu’il possède, l'apiculteur, peut lui-même élever les reines dont il a besoin pour faire évoluer son cheptel ou pour le remplacement périodique de ses reines. Il peut ainsi diminuer largement les dépenses d’entretien de son rucher dont l’achat de reines constituerait une des charges les plus élevées. Les aléas restent cependant importants et pour un apiculteur amateur, le plus simple reste de recourir à L'apiKulteur !

 

Lorsqu’on élève des reines sur une petite échelle, on a le choix entre de nombreuses méthodes; entre autres la méthode utilisant un cadre de couvain frais, déposé horizontalement en plafond, au-dessus du nid d’une ruche orphelinée et privée de son couvain ouvert; ou celle de Miller consistant à découper avec un couteau chauffé le gâteau de cire d’un cadre de couvain frais, en donnant à ce gâteau la forme de quatre triangles contigus dont les sommets sont dirigés vers le bas et introduisant ce cadre ainsi préparé dans une colonie orphelinée et privée de son couvain ouvert.

 

Dans les deux cas, les colonies orphelines vont se mettre à élever des larves de reines et à construire des cellules royales. Mais ces techniques simples d’élevage sont assez aléatoires et le nombre de reines obtenu varie très fortement.

 

Nous préférons la méthode du greffage des larves (picking qui signifie "prélever"), inspirée du procédé utilisé pour la première fois en 1889.

 

Le cadre d’élevage est un cadre ordinaire de corps de ruche, sans feuille de cire et sans fil de sustension, à l’intérieur duquel on a fixé horizontalement deux ou 3 lattes de bois perforées de 16 à 20 trous de 1,5 centimètre de diamètre. 

Les cadres d' élevage TechnoSet sont dotés de 3 barrettes pivotantes et amovibles. Elles permettent un travail facile et propre.

 

Les cupules artificielles sont des plots en bois ou plastique cylindriques dont la partie supérieure est formée d’un rebord donnant au cylindre un diamètre supérieur à 1,5 centimètre. Sous ce rebord, le plot a un peu moins de 1,5 centimètre de diamètre.

Chaque cupule peut ainsi être glissée dans un trou de latte du cadre d’élevage et être maintenue par son épaulement supérieur.

 

De nombreux éleveurs de reines utilisent encore des cupules de cire. Elles sont fabriquées avec de la cire pure non contaminée de parasites ou pesticides. Toutefois ces pratiques tendent à disparaitre avec l'apparition du plastique dans nos ruchers. L'entretien, le prix et la manipulation sont très pratiques.

 

Les cupules servent à recevoir les larves de moins de trois jours, des cadres de couvain d’ une colonie sélectionnée, et à les déposer chacune dans le fond de chaque cellule royale artificielle.

 

On fabrique facilement une aiguille de greffage soi-même de la manière suivante : on se procure un fil de fer inoxydable ou galvanisé de 8 /10ème de millimètre de diamètre et d’environ 10 centimètres de long, on aplatit sa pointe au marteau et on recourbe légèrement cette pointe en forme de microcuillière sur environ 1,5 millimètre de long, relevée à son extrémité; on obtient ainsi une sorte de petite spatule; on emmanche le fil de fer dans un stylo à bille ordinaire dont on a préalablement ôté le tube d’encre ; enfin, on lisse et passe au papier émeri très fin la microspatule pour supprimer toute aspérité qui blesserait les larves. Au lieu de l’aiguille à greffer, on peut utiliser le pinceau à aquarelle d’écolier dont les poils doux ne blessent pas les larves.

 

La colonie pourvoyeuse de larves doit être sélectionnée pour les hautes qualités de sa reine et ses hauts rendements. Pour obtenir de telles colonies sélectionnées, le mieux est que l’apiculteur achète chaque printemps des reines sélectionnées en nombre égal à celui des colonies pourvoyeuses de larves dont il aura besoin. Ces reines sélectionnées doivent provenir d’un apiculteur de confiance et il est préférable de nous choisir pour garantir le succès de votre élevage.

 

C’est avec ces reines sélectionnées que l’apiculteur élèvera au cours du printemps et de l’été, des colonies qui, en automne, lui donneront des ruches pourvoyeuses de larves à greffer. Vous pouvez aussi commencer votre élevage par simples observations et visites périodiques dans votre rucher sur vos meilleures ruches.

 

La ruche d’élevage recevra les cadres d’élevage portant les cupules après le greffage. Elle doit posséder une colonie très forte munie d’un très grand nombre d’ouvrières jeunes, c’est-à-dire de nourrices, et elle doit regorger de miel et de pollen. Environ 25 jours avant le greffage de larves, si la miellée ou pollinée n’est pas abondante, on commence à nourrir la ruche d’élevage pour stimuler la ponte, avec du sirop à 50 % de sucre.

 

L’expérience a montré que les ouvrières acceptent mieux les larves greffées s’il s’est écoulé au moins six heures depuis l’orphelinage et la suppression du couvain ouvert de leur ruche. Par conséquent, le matin du jour du greffage, on prépare la ruche d’élevage en lui ôtant sa reine et tous les cadres du couvain ouvert; on remplace ces derniers par des cadres de couvain operculé prêt à éclore, prélevés dans une autre ruche et on donne à cette dernière le couvain ouvert de la ruche d’élevage; on laisse au centre de la ruche d’élevage un vide qui sera comblé au moins six heu res plus tard par le cadre d’élevage greffé.

 

Une fois que tout le matériel d’élevage est prêt, on procède au greffage. On peut opérer à

l’ intérieur, ou, si le temps est beau, sans vent, par une température comprise entre 18 et 25C°. On peut très bien s’installer à l’ombre près du rucher et s’aider d’une chaise et d’une table pliantes. C’est une erreur d’opérer, comme certains auteurs le recommandent, dans un endroit chauffé à 32-34°C, pour simuler la température d’élevage du nid à couvain.

 

Les œufs et les larves séparés des nourrices se dessèchent rapidement. Ils survivent mieux à des températures inférieures pourvu que l’atmosphère soit saturée d’humidité. 

 

Dans la colonie pourvoyeuse de larves, on prélève un cadre de couvain non operculé portant de nombreuses larves très jeunes qu’on enveloppe d’une cou verture pour éviter leur dessèchement.

 

Une fois assis à table, l’opérateur ôte la couverture du cadre et dépose ce dernier à plat sur la table, ou incliné à l’aide d’un bloc en bois, de façon à diriger la lumière au fond des cellules.

 

De la main gauche, il prend une cupule prête. De la main droite, il introduit l’aiguille à greffer dans une cellule contenant une larve âgée de préférence de 12 à 36 heures, mais d’un maximum de trois jours; il fait glisser le bout de l’aiguille sur la paroi de cire en tournant la microspatule vers lui pour ne pas accrocher la cire; il passe la spatule sous le dos arrondi de la larve et soulève cette dernière en puisant en même temps, autant qu’il le peut, de la gelée royale, et, évitant de frotter la larve contre les parois de la cellule, il la transfère au fond d’une cupule.

 

Il est important de déposer la larve dans la même position que celle qu’elle avait dans l’alvéole d’origine. Des études démontrent qu'il y a des différences significatives d’acceptation des larves par les ouvrières: 78 à 81 % d’acceptation sans avoir inversé les larves, 50 % après inversion complète, et 33 % après avoir amené leur face dorsale en contact avec la gelée royale.

 

Des études mettent aussi en évidence le le rôle de l’amorce de gelée royale au fond de la cellule et obtinrent des différences significatives : 55 % d’acceptation sans gelée royale, 75 % avec cette dernière et 85 % avec de la gelée royale diluée dans de l’eau.

 

Les larves posées contre la paroi des cellules ne donnèrent que 24 % d’acceptation. Pour l’opération du greffage, on peut se servir d’une loupe attachée à la tige de l’aiguille à greffer. 

 

On reconnaît une larve âgée de 12 à 36 heures sur la base de l’évolution métamorphique.

L’œuf d’un jour, normalement, se tient érigé au fond de la cellule ; l’œuf de deux jours est penché; à trois jours, il est couché au fond; le troisième jour après la ponte, la larve sort de l’œuf et se courbe en forme de croissant; jusqu’à 48 heures depuis l’éclosion, la forme de croissant s’accentue.

 

Greffées plus de 36 heures après leur sortie de l’œuf et jusqu’à l’âge de trois jours, les larves peuvent encore se différencier en reines avec la nourriture appropriée, mais alors elles risquent de devenir des intercastes, mi-reines, mi-ouvrières (Laidlaw, 1979).

 

L ’expérience a prouvé que les reines de meilleure qualité sont obtenues par greffage de larves âgées de 12 à 18 heures, c’est-à-dire avant leur première mue (Vogt, 1955) : ce sont des larves encore très petites qui n’ont pas plus d’une fois et demi la taille de l’œuf et dont la forme de croissant est bien marquée. Il semble que l’abeille noire et surtout la caucasienne réussissent mieux au greffage que l’italienne.

 

Afin de s’assurer de l’âge exact des larves, on peut placer 4 à 5 jours avant de les prélever, un cadre bâti vide, au centre du nid à couvain de la colonie pourvoyeuse de larves. Les œufs sont à sec au fond des alvéoles, tandis que les larves baignent dans une gelée blanchâtre et brillante.

 

Le cadre d’élevage portant leurs cupules greffées est ensuite introduit dans la ruche d’élevage orphelinée et privée de couvain ouvert depuis au moins six heures. Les nourrices de cette ruche vont apporter de la gelée royale à chaque larve acceptée, procéder à la finition de l’édification de la cellule royale, et à l’operculation, environ cinq jours après le greffage.

 

L’acceptation de la larve par les nourrices ne dépend pas seulement de son âge, ni du temps écoulé depuis l’orphelinage mais encore d’autres facteurs.

 

En pratique, pour favoriser l’acceptation des larves, on peut poser dans la ruche d’élevage le cadre d’élevage muni de ses cupules le matin au moment de l’orphelinage et le reprendre six heures plus tard dans l’après-midi pour procéder au greffage. Pendant ce temps passé en ruche d’orphelinage, la cire des cupules s’est imprégnée de la substance d’acceptation et, après greffage et mise en ruche d’élevage, les larves ont plus de chances d’être acceptées. On parle alors de familiarisation. Cette procédure n'est faite qu'une fois au cours de la saison...

 

Le jour qui suit le premier greffage, on contrôle l’acceptation et on procède au surgreffage des cellules non acceptées dont les ouvrières ont enlevé les larves.

Durant l’élevage royal, si la miellée n’est pas abondante, on continue de nourrir la ruche d’élevage à l’aide de 500 grammes de sirop, chaque jour si nécessaire, à la concentration de 50 % de sucre.

 

Suivant la force de la ruche d’élevage, on ne peut pas dépasser le nombre de 20 à 60 cellules royales par ruche; il semble exister dans la ruche une certaine quantité de gelée royale disponible à tout moment, et proportionnelle au nombre de nourrices.

Les reines naissent six jours après l’operculation, ce qui correspond au maximum à onze jours après le greffage. En pratique, on enlève le cadre d’élevage de sa ruche, neuf jours après le greffage.

 

En remérant annuellement chaque colonie en automne, on maîtrise presque totalement l’essaimage. Dans les pays à climat froid et à été court, il n’est pas possible de faire un élevage de reines en automne. Dans l’hémisphère nord, on le réalise au printemps, en mai et en juin. Les colonies remérées à cette époque essaimeront peu au printemps suivant, puisqu’elles auront à cette époque des reines d’un an seulement...

 

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