Aires de congregations des mâles

A priori les mâles ne commencent à sortir de la ruche qu’après l’âge de 4 jours. Certains ne sortent qu’après 16 jours. Mais 86  % font leur première sortie à l’âge de 6  à 10 jours. Lorsqu’ils sont sexuellement mûrs, à partir de 8  à 12 jours, ils exécutent alors de 2 à 8  vols quotidiens. Ceux qui ne font qu’un vol par jour ne le sont pas encore.

 

La durée totale des vols journaliers des mâles qui ont atteint leur maturité sexuelle varie entre 3 et 5 heures, et ces vols ont lieu généralement entre 10 heures 30 et 16 heures.

Pour identifier la maturité sexuelle des mâles, on les fait rouler avec le doigt sur une surface rugueuse et on opère par pression sur leur thorax, manipulations qui provoque le retournement sur lui-même de l’endocephallus si l’insecte est mature. Cette opération doit se faire sur des mâles quittant la ruche, car les " faux-bourdons "  rentrant à la ruche sont sexuellement beaucoup moins excitables.

 

Plusieurs chercheurs et autres ont observé des zones de congrégation de mâles ne variant pas sensiblement avec les années, ni en emplacements ni en dimensions. On constate aussi qu’ils s’y rendent seulement par temps calme et chaud. Les aires de congrégation sont ordinairement situées de 500 à 1 000 mètres des ruchers, en général plus loin que le rayon d’action moyen des ouvrières. Les mâles en congrégation volent haut et on entend pendant plusieurs heures l’intense bourdonnement de leur vol sans que l’on parvienne à les voir.

 

On ne les observe que lorsqu’ils poursuivent une reine car, à ce moment, ils volent en formation compacte derrière elle.  Les aires de congrégation semblent être déterminées en fonction des microclimats.  Ruttner (1966) a trouvé qu’elles sont plus petites et mieux délimitées en terrain de collines et montagnes qu’en plaine, ce qui est corroboré par nos propres observations. Les personnes inexpérimentées peuvent facilement confondre le bourdonnement intense des mâles en congrégation aérienne avec celui d’un essaim en vol.

 

En Europe, on peut entendre le bourdonnement des mâles en congrégation par temps ensoleillé et calme depuis le début mars jusque' au mois d' Août.

 

Les mâles en congrégation volent à une hauteur de 10 à 20 mètres et ne poursuivent pas les reines vierges en dehors de ces altitudes, tandis que les ouvrières butineuses s’élèvent entre 1 et 8  mètres. Les ouvrières ne volent jamais dans les zones de congrégation des mâles.

 

Des pièges aériens faits de toile en nylon ajourée d’orifices de 3 millimètres, placés à hauteur des vols de congrégation, peuvent récolter de nombreux mâles et lorsque ces derniers sont marqués il est possible d’identifier leur rucher d’origine. On suppose que les reines vierges sont attirées dans les aires de congrégation  des mâles par l’odeur d’une phéromone qu’ils émettent.

 

Arrivées dans l’une des ces aires, du fait qu’elles émettent l’odeur de la substance royale, elles sont immédiatement poursuivies par de nombreux mâles. La reine est fécondée en moyenne par 8  à 9 mâles.

 

Au cours de l’accouplement, l’organe de copulation du mâle en position sur la reine, se retourne sur lui-même et éjecte en moyenne 2, 2 millimètres cubes de sperme. Après la copulation, le mâle meurt.  Une reine rentrant à la ruche après un de ses vols nuptiaux porte souvent à l’extrémité de son abdomen des lambeaux des organes génitaux d’un mâle, par exemple le bulbe de l’endocephallus. Il arrive que l’accouplement se fasse au sol, sans doute à la suite d’une mauvaise prise de la reine par le mâle au cours du vol.

 

Gerold (1955) décrit une reine et un mâle assujettis l’un à l’autre sur le sol où la reine semblait plus active que le mâle dans la recherche de l’accouplement : avec des mouvements de son postérieur, elle essayait de perforer l’abdomen du mâle; ensuite, elle réussit à saisir, par son vagin, l’endocephallus retourné du mâle; enfin elle se retourna sur elle-même et traîna le mâle sur 3 centimètres; cette traction allongea l’abdomen de la reine de 3 à 4 millimètres, mais celui du mâle resta rigide et l’endocephallus se brisa ; la reine prit son envol emportant dans son vagin une partie de l’endocephallus; malgré cette amputation, le mâle était encore capable de voler. Ziemer (1954) décrit aussi un accouplement au sol où reine et mâle étaient unis l’un à l’autre par l’abdomen et les pattes et échangeaient de la nourriture par leur probopsis; ils s’envolèrent liés l’un à l’autre avant la fin de l’accouplement.

 

 

 

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