La repartition du travail dans la ruche

Malgré l’affirmation des auteurs anciens, il n ’y a pas, à proprement parler, de division active du travail dans une colonie d’abeilles bien q u ’il y ait une tendance à une séquence d ’activités selon les âges. Cette apparente division du travail est la résultante de la constitution génétique de l’abeille, de sa réaction aux stimuli externes et de son état physiologique à un moment et à un endroit donnés. 

 

Par exemple, une ouvrière circulant dans le noir sur un rayon à couvain, perçoit dans une alvéole les stimuli d’une larve et réagit mécaniquement à l’instant même en nourrissant celle-ci; à la suite de quoi elle peut être stimulée à échanger de la nourriture avec une autre ouvrière qui la nourrira ; de même, une butineuse rentrant à la ruche gorgée de nectar, par toucher d ’antennes, stimule une ouvrière d’intérieur à recevoir son chargement, lequel stimule cette dernière à la régurgitation dans les alvéoles. 

 

Le type d’activités de l’abeille, par rapport à son âge, dépend essentiellement de son développement physiologique. Les activités des ouvrières selon leur âge sont les suivantes : le nettoyage des alvéoles est exécuté par des abeilles âgées de 1 à 25 jours ; le nourrissement des larves est assuré par des ouvrières âgées de 1 à 30 jours; la sécrétion de cire, par des abeilles de 12 à 18 jours; la construction de rayons, l’ emmagasinage du pollen, la réception, l’emmagasinage et la ventilation du miel ainsi que la pose des opercules, sont toutes des activités d’ouvrières de 1 à 32 jours; le gardiennage n’est pas assuré par des abeilles de moins de 18 jours; le butinage enfin est une activité réservée à celles qui ont plus de 20 jours. L’âge des nourrices de larves de reine varie entre 1 et 11 jours, jusqu’au moment où la construction de cellules de reines est commencée ; ensuite leur âge varie entre 1 et 6 jours. 

 

En ce qui concerne la sécrétion de cire, les abeilles de plus de 18 jours ne peuvent plus en produire parce que leurs glandes cirières commencent à dégénérer à partir du 15e jour de leur vie d ’imago. D ’autre part, une abeille âgée d ’un  jour ne peut pas encore piquer car ses glandes à venin ne sont pas mûres; à cet âge, elle ne peut donc être gardienne.

 

Ces chiffres concernant l’âge des ouvrières en rapport avec leurs activités, constituent des moyennes. En réalité, la répartition du travail montre une grande adaptabilité suivant les circonstances et les besoins de la ruche. Si une nouvelle colonie est formée artificiellement par des abeilles de moins de 10 jours ces dernières semblent recevoir les stimuli leur permettant de s’adonner à toute tâche nécessaire à la colonie y inclus le butinage extérieur en très bas âge (8 jours).

Une ouvrière, marquée et observée durant toute son existence, était restée inactive au cours de sa vie pendant 68 heures et 53 minutes. On peut en conclure qu ’elle ne reçut pas de stimuli durant toute cette période. Dans une colonie normale et forte il y a à tout moment un certain nombre d ’ouvrières inactives, même en période de miellée et pollinée. Nous avons constaté que la pose d ’un piège à pollen à une colonie forte stimule les ouvrières (probablement celles qui étaient inactives) à devenir butineuses de pollen, ce qui remédie au manque de nourriture du couvain durant les premières heures qui suivent la pose de la trappe à pollen...

 

 

 

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