Le venin d abeille

Le venin d’abeille est produit par des glandes situées à la partie postérieure de l’abdomen des ouvrières et de la reine. Il s’accumule dans le sac à venin relié à l’aiguillon piqueur. Les mâles n’ont pas de glande à venin. Les ouvrières se servent de leur aiguillon pour se défendre et défendre la colonie. La reine ne se sert de son aiguillon que contre une autre reine. Le venin est un liquide transparent d’une odeur prononcée et d’un goût âcre.

 

Les principaux composants du venin d’abeille sont d’après Haberman (1972) et Iliegiu (1976) : eau, acide formique, acide chlorhydrique, acide phosphorique, mélittine, histamine, apamine. Il contient en outre de la méthionine, de la cystine, des sels minéraux et des enzymes (phospholipase et hyaluronidase). Sa réaction est acide.  Au cours de ces trente dernières années, de nombreuses recherches, surtout aux Etats-Unis et en Russie, ont été réalisées sur la composition chimique, la pharmacologie et la toxicité du venin d’abeille chez les mammifères et en particulier son action sur le système nerveux central.

 

Les composants antigéniques majeurs du venin sont deux enzymes : la phospholipase-A et l’hyaluronidase. La mélittine constitue environ 50 % du principe toxique du venin; c’est un polypeptide composé de 26 acides aminés différents. 

 

Le venin injecté dans le système circulatoire des mammifères agit sur le système nerveux central en provoquant des réactions anaphylactiques dues aux aminés vaso-actives : en petite quantité, correspondant à quelques piqûres, il provoque généralement une toxicité locale bénigne. Appliqué en grande quantité correspondant à une centaine de piqûres, il occasionne une toxicité générale, manifestée par des crampes, une respiration ralentie puis irrégulière et une hémolyse.  

 

A la suite d’une piqûre d’abeille, une douleur aiguë et vivace est ressentie et 0 0 7 il est difficile de s’y habituer. Beaucoup réagissent par un simple gonflement, engourdissement et oedème. D’autres réagissent plus fortement et l’enflure peut devenir très grosse. Beaucoup d’apiculteurs, habitués à être piqués, sont largement immunisés et peuvent recevoir plusieurs dizaines de piqûres sans se sentir mal. L’immunité est due à la présence dans le sang d’anticorps bloquants, immunoglobulines existant sous l’effet de piqûres antérieures.

 

Ces anticorps évitent à l

 

a personne piquée, des réactions anaphylactiques graves, à condition que le nombre de piqûres ne soit pas élevé. Même chez les individus immunisés, une centaine de piqûres peut provoquer la fièvre. Plusieurs centaines, reçues au même moment peuvent être mortelles. Cinq cents piqûres paraissent donner en moyenne la dose mortelle. Cependant, Murray (1964) cite le cas d’un homme de 30 ans qui a survécu à 2 243 piqûres.

 

L’hypersensibilité ou allergie aux piqûres d’abeilles est rare. L’allergie est due à la synthèse des réagines (Ig E) en présence du venin. Ces réagines peuvent entraîner vasodilatation, hypersécrétion, contraction des muscles lisses, urticaire, angiooedème et difficultés respiratoires, accélération du rythme cardiaque avec hypotension et troubles cérébraux et dans les cas extrêmes, provoquer la mort. D’après certaines études statistiques, la fréquence de cette hypersensibilité serait de 1,5 à 4 pour mille. L’allergie mortelle où une seule ou quelques piqûres peuvent provoquer la mort rapide, est de l’ordre d’un décès par an pour 20  millions, si on se base sur le chiffre de 52 morts aux États-Unis, entre 1950 et 1954 (Parrish, 1959). En Angleterre, environ dix personnes meurent chaque années de piqûres d’abeilles.

 

Dans le cas où un individu est hypersensible au venin, il y a lieu d’intervenir immédiatement, en administrant un antihistaminique comme le phénergan ou l’antistine, ou en employant un corticoïde tel que l’adrénaline sous forme d’injections sous-cutanée. Un autre remède, le «stingose» (Henderson et Easton, 1980) constitue une aide de premier ordre aux personnes hypersensibles. Ce produit est un mélange en solution aqueuse de 20  % de sulfate d’aluminium et 1 ,1  % de surfactant. Le «stingose» dénature probablement les protéines et les polysaccharides à longue chaîne du venin. Il est donc prudent que l’apiculteur porte constamment sur lui un de ces remèdes qui lui permettra d’intervenir rapidement en cas de symptômes inquiétants chez une personne hypersensible qui viendrait à être piquée.

 

Il est conseillé aux personnes qui manifestent les symptômes d’hypersensibilité au venin d’abeille de renoncer à l’apiculture.  L’expérimentation menée par Mueller (1977) a montré que les personnes allergiques aux piqûres d’hyménoptères, recevant chaque année un injection d’extraits de corps entiers d’insectes piqueurs, ne manifestaient plus d’allergie sous forme d’urticaire, après 4 ans de traitement, à partir de la dose de 0,2 ml de l’extrait dilué à 1/10.

 

Mais on a constaté que les extraits de corps total d’hyménoptères ne sont jamais complètement efficaces. Actuellement, pour désensibiliser les sujets allergiques, on utilise directement le venin d’abeille, en ayant au préalable injecté dans leur sang des immunoglobulines G spécifiques du venin, obtenues à partir du sérum d’apiculteurs immunisés.

 

Ensuite, on procède à l’injection du venin, d’abord à dose très faible : 0 , 0 0 0 1  microgramme à la première injection pour atteindre 200 microgrammes le troisième jour. Au quatrième jour, 95 %  des individus allergiques sont désensibilisés. Ils doivent néanmoins continuer à recevoir une injection mensuelle d’entretien pour rester désensibilisés. 

 

Enfin, il est utile de signaler que le venin d’abeille est aussi toxique pour l’homme que le venin de serpent, même pour les personnes non allergiques. Plusieurs centaines de piqûres d’abeille peuvent correspondre à une seule morsure de serpent en ce qui concerne la quantité de venin injectée.

 

 

 

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