Les sens chez les abeilles

Les percepteurs sensoriels principaux chez l’abeille domestique sont l’odorat, la vue, le goût et le toucher. Comparé à celui des animaux supérieurs, son système nerveux est de structure simple. Cette simplicité explique ses réactions élémentaires et stéréotypées. Ainsi, chaque matin à la même heure, un groupe d' ouvrières partira butiner les fleurs sur les mêmes plantes que celles de la veille.

 

Cette activité routinière n' est que la réaction automatique à des signaux du système nerveux et non pas à un raisonnement.  Les principaux organes de l’odorat sont les deux antennes qui comportent chacune douze segments chez la reine et les ouvrières et 13 chez les mâles. Déjà en 1886, on avait pu dénombrer approximativement les récepteurs sensoriels de divers types dans chaque antenne : 1 600 chez la reine, 2 400 chez les ouvrières et 37 800 chez les mâles. Morse (1975) explique ce grande nombre de récepteurs chez les mâles par le fait que la reproduction est probablement plus importante pour la survie d' une espèce que le butinage quotidien de nourriture.

 

L ’odorat chez l’abeille domestique est donc bien développé et son spectre est apparenté à celui de l’homme. En général, les substances sans odeur pour l’homme n' en n' ont pas non plus pour les abeilles. Mais il y a des exceptions :

ainsi la phéromone royale, l’acide oxodécénoïque, sans odeur pour l’ homme est odoriférante pour les abeilles. Plusieurs expérimentateurs ont observé que les ouvrières perçoivent encore l’odeur  lorsque la reine est morte depuis quelques mois, voire plus d' un an. Leur sens olfactif leur permet en outre de distinguer des odeurs de produits purement chimiques fortement dilués et de faire la distinction entre deux solutions qui ne contiennent que des proportions très légèrement différentes de deux produits chimiques odorants. Bien que leur système nerveux soit simple par rapport à celui des animaux supérieurs, les abeilles ont donc des sens aigus, entre autres celui de l’olfaction.

 

L ’abeille domestique (Apis mellifera) possède cinq yeux. Deux de ceux-ci sont des yeux composés, portant chacun plusieurs milliers d ’ommatidies constituant chacune une lentille. En outre, l’abeille porte trois yeux à lentille unique au sommet de la tête qui serviraient aux vols de pénombre. On sait maintenant qu’ elle à une vision des couleurs qui lui sert à s’orienter vers une source de nourriture, soit en champ, soit dans la ruche.

 

Elle distingue seulement quatre couleurs : le jaune, le bleu-vert, le bleu et l’ultraviolet. Elle voit le rouge en noir. Sa couleur favorite est le bleu et elle est plus attirée par les objets colorés que par les gris ou les noirs. Du fait qu ’elle voit l’ultraviolet, les fleurs qui sont pour l’oeil humain d ’une couleur unie, par exemple le jaune, apparaissent à l’abeille de cette teinte et en plus réfléchissent des rayons violets. 

 

On sait que les ouvrières, et probablement aussi la reine et les mâles, ont des organes gustatifs situés dans leur bouche grâce auxquels elles peuvent distinguer le taux de sucre dans une nourriture par contact direct. Elles possèdent un seuil d’ acceptation de nourriture selon leur goût; non seulement elles distinguent le taux en sucre mais elles perçoivent également le salé, l’ acidité et l’ amertume. Toutefois leur sens de l’amertume est beaucoup moins développé que celui de l’homme.

 

Ainsi, elles peuvent se nourrissent abondamment de miel d ’arbousier pur, alors que ce dernier est presque immangeable pour l’homme tant son amertume est forte.

L ’abeille ne possède pas d ’organe sensible aux sons mais elle peut percevoir et réagir aux ondes de sons transmises par le substrat si ces dernières ont plusieurs centaines de cycles par seconde. Ces vibrations, que les abeilles peuvent détecter, sont situées dans l’amplitude audible par l’homme.

 

Les abeilles elles-mêmes produisent des vibrations portées par le substrat qu ’elles enregistrent : ce sont soit celles associées à la danse sinueuse dans le cas d ’essaimage, soit celles émises par la reine avant sa sortie de la cellule royale ou par la reine fécondée emprisonnée dans une cage, ou encore par une vieille reine dont le départ de la ruche avec l’essaim est retardé par le mauvais temps. Des vibrations ou sons produits par l’homme peuvent occasionner l’arrêt brusque de tout mouvement de la colonie durant un laps de temps assez long. Le tambourinage ou tapotement léger d' une paroi de la ruche est un moyen de faire monter les abeilles dans un étage supérieur pour en retirer des paquets d’ abeilles...

 

 

 

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